22 juin 2009
Jean-Jacques Rousseau
" Je me souviens d’avoir été frappé dans mon enfance d’un spectacle assez simple, et dont pourtant l’impression m’est toujours restée, malgré le temps et la diversité des objets. Le régiment de Saint-Gervais avait fait l’exercice et, selon la coutume, on avait soupé par compagnies. La plupart de ceux qui les composaient se rassemblèrent, après le souper, dans la place de Saint-Gervais, et se mirent à danser tous ensemble, officiers et soldats, autour de la fontaine, sur le bassin de laquelle étaient montés les tambours, les fifres, et ceux qui portaient les flambeaux. Une danse de gens égayés par un long repas sembleraient n’offrir rien de fort intéressant à voir ; cependant l’accord de cinq ou six cents hommes en uniformes, se tenant tous par la main, et formant une longue bande qui serpentait en cadence et sans confusion, avec mille tours et retours, mille espèce d’évolutions figurées, le choix des airs qui les animaient, le bruit des tambours, l’éclat des flambeaux, un certain appareil militaire au sein du plaisir, tout cela formait une sensation très vive qu’on ne pouvait supporter de sang-froid. Il était tard, les femmes étaient couchées ; toutes se relevèrent. Bientôt les fenêtres furent plein de spectatrices qui donnaient un nouveau zèle aux acteurs : elles ne purent tenir longtemps à leurs fenêtres, elles descendirent ; les maitresses venaient voir leurs maris, les servantes apportaient du vin ; les enfants, même, éveillés par le bruit, accoururent demi-vêtus entre les pères et les mères. La danse fut suspendue ; ce ne furent qu’embrassements, ris, santés, caresses. Il résulta de tout cela un attendrissement général que je ne saurais peindre, mais que, dans l’allégresse universelle, on éprouve assez naturellement au milieu de tout ce qui nous est cher. Mon père, en m’embrassant, fut saisi d’un tressaillement que je crois sentir et partager encore. « Jean-Jacques, me disait-il, aime ton pays. Vois-tu ces bons Genevois ? Ils sont tous amis, ils sont tous frères, la joie et la concorde règnent au milieu d’eux. Tu es Genevois ; tu verras un jour d’autres peuples ; mais, quand tu voyagerais autant que ton père, tu ne trouveras jamais leurs pareils. "
Jean-Jacques ROUSSEAU
Emile Cioran
" Quelle malédiction a frappé l'Occident pour qu'au terme de son essor il ne produise que ces hommes d'affaires, ces épiciers, ces combinards aux regards nuls et aux sourires atrophiés, que l'on rencontre partout, en Italie comme en France, en Angleterre de même qu'en Allemagne ? Est-ce à cette vermine que devait aboutir une civilisation aussi délicate, aussi complexe ? Peut-être fallait-il en passer par là, par l'abjection, pour pouvoir imaginer un autre genre d'hommes. "
Emile CIORAN, Histoire et utopie
Marc-Édouard Nabe
" Fasciste et pourquoi pas ? Anarcho-fasciste. C’est dans le drapeau noir que se taillent les plus belles chemises. Je crois bien avoir trouvé la jointure de l’anarchie et du fascisme. Pour un anarchiste, seul enseignement : le fascisme. Moi il y a longtemps que je ne lis plus que de la littérature la plus fasciste possible… Ils ont tous peur de se demander pourquoi systématiquement, les plus grands écrivains viennent de l’extrême droite absolue. Ça les effraie d’y deviner une causalité sulfureuse ! Pauvres cons ! Restez bien dans vos préjugés de gauchistes de merde !…
Et l’extrême droite est encore démocratique. Le fascisme est beaucoup plus loin, hors de l’hémicycle. La gauche est maintenant au centre de la droite. Tout a dévié. Après l’extrême gauche, il y a l’anarchie. Après l’extrême droite, il y a le fascisme. Les plus forts sont ceux qui trempent en même temps leur plume dans les deux encres. "
Marc-Édouard NABE, Au régal des vermines, 1986
Fred Chichin
" Le rap a fait énormément de mal à la scène musicale française. C’est une véritable catastrophe, un gouffre culturel. La pauvreté de l’idéologie que ça véhicule : la violence, le racisme anti-Blancs, anti-occidental, anti-femmes… C’est affreux. "
Fred CHICHIN, Télérama, 2007
Alfred de Musset

Tristesse
" J’ai perdu ma force et ma vie,
Et mes amis et ma gaité;
J’ai perdu jusqu’à la fierté
Qui faisait croire à mon génie.
Quand j’ai connu la Vérité,
J’ai cru que c’était une amie;
Quand je l’ai comprise et sentie,
J’en était déja dégoûté.
Et pourtant elle est éternelle,
Et ceux qui se sont passés d’elle
Ici-bas ont tout ignoré.
Dieu parle, il faut qu’on lui réponde.
Le seul bien qui me reste au monde
Est d’avoir quelquefois pleuré. "
Alfred DE MUSSET, 1840
Jules Simon
" Le peuple qui a les meilleures écoles est le premier peuple. S’il ne l’est pas aujourd’hui, il le sera demain. "
Jules SIMON
Gault et Millau
" Le nioc-man dans le cassoulet, l’harissa dans la choucroute et le ketchup dans tout, nous font entrevoir les limites du métissage des cultures. "
GAULT et MILLAU
Azouz Begag

" Il faut traverser le périphérique, aller chez les indigènes, là-bas, les descendants de Vercingétorix… Il faut casser les portes, et si elles ne veulent pas s’ouvrir, il faut y aller aux forceps. Partout où la diversité n’existe pas, ça doit être comme une invasion de criquets… Partout, de manière à ce qu’on ne puisse plus revenir en arrière. "
Azouz BEGAG
Alain Daniélou
" L’ennemi contre lequel se battait le Dharma Sangh n’était pas l’Empire anglais, dont les représentants n’intervenaient pas dans les domaines de la religion et des rites. Ce qui paraissait dangereux aux représentants de la tradition était le faux hindouisme des Indiens anglicisés, qui prétendaient adapter les doctrines traditionnelles aux conceptions chrétiennes considérées comme plus compatibles avec les réalités du monde moderne. Il fallait lutter contre les soi-disant ashrams qui exploitaient la crédulité des gens, le théosophisme, Aurobindo, les adeptes de Ramakrisna, mais surtout les politiciens et en particulier Gandhi, qui apparaissait comme le type même du réformateur moderniste, plus chrétien qu’hindou, luttant comme Don Quichotte contre des problèmes qui n’existaient pas tels que celui des castes et des soi-disant "intouchables", ce qui lui faisait une publicité considérable parmi les socialistes anglais mais n’intéressait pas les populations. "
Alain DANIÉLOU, Le chemin du labyrinthe, 1981
Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa
" Les journalistes sont des nullards… il faut leur cracher à la gueule, il faut leur marcher dessus, les écraser… ce sont des bandits, et encore… les bandits eux, ont une morale "
Nicolas SARKÖZY
Jean Jaurès
" A Celui qui n'a plus rien, La Patrie est son seul bien. "
Jean JAURÈS
Emile Cioran
" Et avec quelle quantité d'illusions ai-je dû naître pour pouvoir en perdre une chaque jour ! "
Emile CIORAN
Bertran de Born

" Bien me plaît le gai temps de Pâques,
qui fait venir feuilles et fleurs.
Et me plaît d'entendre la joie
des oiseaux qui font retentir
leur chant par le bocage.
Mais me plaît aussi de voir sur les prés,
tentes et pavillons dressés.
Et j'ai grande allégresse
quand je vois par la campagne rangés
chevaliers et chevaux armés.
Et me plaît quand les coureurs
font s'enfuir les gens et le bétail.
Et quand je vois à leur suite
une grande masse d'hommes armés
ensemble venir… "
Bertran DE BORN
Louis-Ferdinand Céline
" C’est un prodigieux moyen de propagande. C’est aussi, hélas ! un élément d’abêtissement en ce sens que les gens se fient à ce qu’on leur montre. Ils n’imaginent plus. Ils voient. Ils perdent la notion de jugement et ils se prêtent gentiment à la fainéantise. La TV est dangereuse pour les hommes. L’alcoolisme, le bavardage, et la politique en font déjà des abrutis. Etait-il nécessaire d’ajouter encore quelque chose ? "
Louis-Ferdinand CÉLINE
Alain Daniélou
" Allant en Autriche et en Hongrie, nous avons fait plusieurs brefs séjours en Allemagne. Il est difficile, étant donné les événements qui suivirent, de se représenter l’attrait spectaculaire qu’avait l’Allemagne au début du nazisme. Les gens qui admirent aujourd’hui le spectacle des Jeux olympiques de Moscou savent très bien ce que représentent l’oppression, le goulag, l’impérialisme soviétique. A l’époque, on n’avait pas grand-chose à reprocher aux hitlériens sinon sur le plan idéologico-politique. L’antisémitisme allemand n’avait pas encore pris les proportions d’un génocide et les Français n’y voulaient voir qu’un phénomène analogue à celui qui s’était manifesté en France à l’époque de l’affaire Dreyfus. L’organisation, l’ordre, l’enthousiasme d’une jeunesse en uniforme, les constructions spectaculaires faisaient de l’Allemagne un pays stupéfiant. En France, beaucoup de gens modérés et pas du tout par nature militaristes pensaient qu’à long terme la renaissance de la puissance allemande était la seule manière d’éviter l’asservissement de l’Europe entière par les Soviétiques. Ils proposaient la détente voire la collaboration avec le régime hitlérien exactement comme certains le proposent aujourd’hui avec l’U.R.S.S. Aurait-on pu ainsi éviter l’occupation, les génocides, l’asservissement aux Russes de la moitié de l’Europe et peut-être la domination du continent entier par le communisme, une régression qui ressemblerait à celle qui suivit la destruction de l’Empire romain au nom d’une autre idéologie totalitaire, le christianisme ? II est difficile de le savoir. "
Alain DANIÉLOU, Le chemin du labyrinthe, 1981
Souvenirs Souvenirs

" Mon flirt permanent avec ces enfants prit bientôt un tour érotique. Je pouvais parfaitement sentir comme les petites filles de cinq ans avaient appris à m’exciter. C’est à peine croyable. La plupart du temps, j’étais passablement désarmé. (…) Il m’est arrivé que plusieurs fois des enfants m’ont ouvert la braguette et ont commencé à me caresser. Selon les circonstances, j’ai réagi de façon diverse. Quand ils le voulaient, je les ai caressés. Alors on m’a accusé de perversion. "
Daniel COHN BENDIT, Journal alternatif de Francfort, 1976
" Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avoir choisi moi et pas les autres gosses ? Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même. "
Daniel COHN BENDIT, Le Grand Bazar, 1975
21 juin 2009
Pierre Bergé, Georges-Marc Benamou, Bernard Henri Lévy
" Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref, “franchouillard” ou cocardier, nous est étranger, voire odieux. "
Pierre BERGÉ, Georges-Marc BENAMOU, Bernard Henri LÉVY, dans l'édiot du premier numéro de Globe, 1985
Charles Maurras
" Comme dit Hérodote, ceux qui florissaient autrefois sont aujourd'hui réduits à rien, ceux qui se mettent à fleurir étaient autrefois peu de chose. S'il y a quelques exception, la règle demeure ; le carnage des uns fait la nourriture des autres dans ce mouvement d'anthropologie naturelle qui, de siècle en siècle, varie si peu ! "
Charles MAURRAS
Alexandre Dumas
" D'Artagnan admira à quels fils fragiles et inconnus sont parfois suspendues les destinées d'un peuple et la vie des hommes. "
Alexandre DUMAS, Les Trois Mousquetaires
Patrick J.Buchanan

" Terrorism is the price of empire. If we do not wish to pay it, we must give up the empire. "
Patrick J. BUCHANAN, Where the Right Went Wrong
Charles Péguy
" C'est la mémoire qui fait toute la profondeur de l'homme. "
Charles PÉGUY





